162 - Lanzmann le survivant

162 - Lanzmann le survivant
Lanzmann, le survivant


Elle a écrit quelques beaux livres d'histoire, Laure Adler. Et surtout ce A ce soir, irruption de la tragédie dans une vie normale, livre aussi bref que bouleversant, éclair de littérature dans le ciel souvent complaisant des livres de témoignage. Et voici ce film, cosigné Sylvain Roumette, dans lequel elle donne simplement la parole à cet homme, l'auteur d'un film immense, dont tout le monde sait qu'il a joué dans notre mémoire du génocide un rôle aussi important que le procès Eichmann : Shoah. « Claude Lanzmann, il n'y a que la vie » : c'est le titre.

Lanzmann donc. Aujourd'hui directeur de la revue de Sartre, Les Temps Modernes. Sartre dont il écrit que Les Réflexions sur la question juive sont le livre qui l'a « autorisé à vivre » et aussi à comprendre comment un juif pouvait, ne serait-ce que par moments, être dans l'inauthenticité et « épier » un autre juif avec les yeux d'un antisémite. Réflexions qui illuminèrent quelque scène originaire vécue par le jeune Lanzmann et sa mère, et qu'il appelle joliment dans Le Lièvre de Patagonie, le supplice des brodequins. Lanzmann donc, juif non religieux, qui aura consacré l'essentiel de son ½uvre au destin juif, dit à Adler : « C'est ma posture dans le monde : dehors et dedans ». Mais n'est-ce pas la posture du journaliste ? Celle du peintre. Celle de l'écrivain. Sur la frontière. Au lieu précis du dehors où il est possible de deviner l'enjeu de ce qui se joue dedans. Un pas. Un seul pas au-delà. Mais le pas décisif. Ce juif non religieux n'écrit pas seulement dans Elle ou France Observateur. Il filme Pourquoi Israël. Il fera sur Tsahal un film volontairement dérangeant, le film d'un résistant, d'un maquisard qui ne prend pas la guerre à la légère et voit dans cette armée, un défi éthique. Surtout il aura passé douze ans à réaliser Shoah. Dont il explique que le critique rapidement s'y perd. Comme on se perd dans le Mémorial de la Shoah à Berlin. Désorientation, perte des sens, perte du sens. Entrer dans cet évènement, la Shoah, en chercher patiemment le sens, s'y orienter. Consacrer cinq ans jour après jour, à monter ce film fleuve. Neuf heures. Et encore les deux heures et demies de Sobibor, 14 octobre 1943, 16 heures et d'Un Vivant qui passe, le film sur Theresienstadt. Et là, sur l'écran, on comprend que cette longueur, indispensable parce que c'est grâce à elle que nous ne pouvons pas voir la Shoah comme un événement parmi d'autres - ce que ceux qui en refusent le sens, appellent un détail de l'Histoire - mais comme une matrice, un acte de naissance, une genèse, que cette longueur a exigé de son auteur un temps de vie plus long que l'événement lui-même. Que Lanzmann est devenu par le cinéma une sorte de survivant. Sur la tombe de ses grands parents ou devant le canal berlinois où fut jeté le cadavre de Rosa Luxembourg, on le voit écouter les morts comme il a longtemps écouté les rescapés. Avec cette légère amertume: « Le fait d'avoir à mourir ne me satisfait pas.

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# Posté le jeudi 22 octobre 2009 16:34

Modifié le vendredi 23 octobre 2009 15:38

161 - Académie de l'abject

161 - Académie de l'abject
Académie de l'abject


Que nous apprend la dernière de ces petites chasses à l'homme dont la société médiatique est friande, « l'affaire Mitterrand » ?

C'est d'abord une question de littérature. La littérature française tourne désormais le dos à l'Histoire. Il ne s'agit plus pour elle d'user de la fiction romanesque pour dire du monde ce qui n'en est pas encore dit. Elle s'est recentrée sur le récit, souvent narcissique, d'expériences personnelles plus ou moins autobiographiques : enfance, inceste, homosexualité, adultère, perte d'enfant, handicap, famille etc. Ce faisant, elle s'est éloignée du genre roman, qu'elle abandonne à la littérature de divertissement, et s 'est rapprochée du document et du témoignage, avec lequel, noblesse oblige, elle refuse néanmoins de se confondre. Frédéric Mitterrand a bien décrit ce glissement dans son entretien avec Laurence Ferrari : La Mauvaise vie n'est pas un roman. Mais ce n'est pas une autobiographie. Son statut est « vague ».

On comprend que n'étant pas « vraiment » de la fiction, ce genre de littérature suscite la question du vrai et du faux. Evidemment, c'est peine perdue : les questions des journalistes tentent en vain d'éclaircir ce qui ne peut pas l'être. Car si ce n'est pas du roman, c'est quand même de la littérature. Et toute l'affaire montre, une fois de plus, que la littérature reste socialement illisible. La Mauvaise vie, bien que largement couvert par tous les médias il y a quatre ans à peine, n'a été lu par personne. Et les journalistes qui couvrent aujourd'hui « l'affaire » avouent ne pas l'avoir lu davantage que les politiques moralisateurs qui s'offusquent à droite et à gauche.

Le sens de la non lecture, ce que précisément, la littérature a pour raison d'être de dévoiler, c'est la bêtise, disons l'impensé, à l'½uvre dans toute société. C'est la haine de la liberté. C'est la mise à mort de tout ce qui questionne le corps social comme corps. C'est, en un mot comme en cent, le Mal. Que l'attaque soit venue de la droite extrême qui n'est que l'expression politique des nausées du corps social, rien que de plus normal. Que de jeunes leaders socialistes aient repris la balle au bond, c'est par contre un signal qu'il est urgent d'entendre : à gauche, l'abject n'est plus tabou.

Le signifiant Mitterrand a magnifiquement précipité ce petit condensé rouge-brun. Le président a tenté d'usurper le nom, la Lepeniste de le salir, les socialistes de s'en décoller. La nomination et le supplice du neveu ne sont que de malheureuses tentatives de mise à mort de l'oncle dont la stature historique surplombe.

De même qu'elle ne sait pas lire, la présentatrice de TF1 ne sait pas entendre. Elle n'est pas en cela plus cruche que la plupart d'entre nous. Elle est là pour lyncher avec les lyncheurs et fait son travail comme il faut. On voit bien, à la voir, qu'ils « ne savent pas ce qu'ils font ». Elle est, comme n'importe quel gardien de camp, d'une parfaite « bonne foi » et ne comprend vraiment pas pourquoi Frédéric soudain lui dit que ses questions sont ignobles.
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# Posté le jeudi 22 octobre 2009 16:28

Modifié le vendredi 23 octobre 2009 15:39

160 - Subir le handicap ? Non! Vivre !

160 - Subir le handicap ? Non! Vivre !
Subir le handicap ? Non ! Vivre !


Le handicap ? Evidemment des structures. Evidemment des aides et des soutiens. Evidemment des professionnels de la santé et de l'éducation. Evidemment un environnement urbain qui prend le handicap en compte. Mais aussi des familles qui font face. Et qui, parfois, transforment les difficultés immenses de la vie avec un enfant handicapé en véritable aventure humaine.

Dans Les Lits en diagonales, Anne Icart raconte sa vie aux côtés d'un frère « qui ne guérira pas ». Une vie d'enfants à l'école. Puis une vie d'adulte dans une famille qui restera unie et soudée autour de Philippe, qui n'est plus un enfant, mais un jeune homme, un homme, bientôt un retraité. Une vie difficile mais une vie vivante .
Dans L'enfant cheval, un père fou de cheval et de voyage, veut à tout prix éveiller son fils autiste à la vie. Il y parviendra au terme d'un voyage insensé en Mongolie dans une nature que l'enfant adore, au contact des chamans et des animaux sauvages .

Deux expériences. Aussi différentes que possibles. Mais qui témoignent de la volonté de familles qui refusent de se penser comme victimes d'une injustice et qui entendent prendre leur destinée en charge. Qui donnent un sens à leur vie et une vraie vie à celui qui, sans eux, n'en aurait qu'une fausse teintée de malheur et de regrets.

Anne Icart : Je n'aime pas ceux qui ne t'aiment pas

Votre histoire est magnifiquement écrite. Comme si votre manière d'écrire disait par elle-même que votre histoire commune, à Philippe et à vous, est magnifique.
Ce n'est pas une histoire triste ou dramatique. C'est une histoire compliquée mais il y a des familles qui n'ont pas besoin d'avoir un fils handicapé pour avoir des histoires compliquées. J'ai des parents formidables et un frère formidable qui m'ont beaucoup apporté. Nous sommes une famille très unie, très solidaire. Très gaie, très joyeuse. Il y a eu drame à une certaine époque quand il a fallu que tout le monde accepte le handicap de Philippe. Il a fallu par exemple renoncer à certains rêves. Philippe c'était l'aîné, le garçon. Nous sommes encore dans une société où les fils aînés doivent avoir un avenir prometteur. Du coup mes parents ont reporté sur moi certains espoirs qu'ils avaient mis en Philippe, ce qui n'a pas toujours été facile pour moi parce que je ne voulais pas faire mieux que lui pour ne pas accentuer encore sa différence. Quand j'étais petite, c'était mon protecteur, mon grand frère, mon héros. Je pensais qu'il serait capable de me défendre. Puis le processus s'est inversé. A partir du moment où son handicap s'est révélé, je suis passée de la place de la petite s½ur à celle de la grande s½ur. Ce qui m'a amené à faire des études, dans plusieurs directions, mais sans jamais les mener jusqu'au bout. Comme si je m'en empêchais. J'ai voulu rester proche de lui, ne pas être meilleure que lui. Mais petit à petit j'ai compris qu'il fallait que je sois moi aussi et que j'aille au bout de certains de mes rêves. Que ce n'était pas incompatible de vivre sa vie tout en ayant un engagement moral.

On pense souvent à la difficulté extrême d'être le père ou la mère d'un enfant handicapé. Etre son frère ou sa s½ur, on n'en parle pas beaucoup
On a tendance à penser que les parents sont les premiers concernés et qu'ils sont en première ligne. Mais les frères et s½urs ont quelque chose à dire parce que mes parents jusqu'à ce qu'ils aient Philippe, ils n'avaient pas cotôyé le handicap. Tandis que moi je le côtoye depuis ma naissance. J'aurai vécu toute ma vie à côté d'une personne handicapée. Ce n'est pas anodin pour les parents, mais ce n'est pas non plus anodin pour les frères et s½urs. Mes choix de vie sont fondamentalement liés à cette situation. Mes parents m'ont investie très jeune d'une mission, d'un sens des responsabilités. Même si la vie réserve des surprises et que demain peut être différent d'aujourd'hui.

Le livre commence par une rupture. Vous quittez votre amoureux parce que vous n'aimez pas sa façon de regarder votre frère.
Oui le handicap conditionne les relations avec les autres. Parce qu'on ne prend conscience du handicap qu'à travers le regard des autres ; Au sein du noyau familial, il n'y pas de handicapé. Dans le noyau familial tout se passe bien, normalement. Tout est calme. C'est toujours de l'extérieur que viennent les difficultés ; parce que le regard se pose d'une certaine façon sur la personne handicapée et donc forcément sur vous ; ça rejaillit sur la personne qui l'accompagne. Ça apprend plein de choses positives mais aussi de la prudence dans les relations avec les autres. J'ai eu la chance de rencontrer des gens formidables. J'ai des amis d'enfance qui ont tout de suite accepté Philippe. Et qui sont toujours mes amis aujourd'hui. C'est plus compliqué à l'adolescence qui est une période difficile et qui est celle où on ne veut pas être différent des autres. C'est la période où j'ai le plus caché que j'avais un frère handicapé. Mais même avec l'âge on reste attentif au regard des gens qu'on rencontre. Au regard qu'ils posent sur Philippe. Mais ça donne aussi une certaine forme de flair. Est-ce un regard bienveillant, curieux ou mauvais ? C'est la même chose pour mes relations sentimentales. J'ai beaucoup utilisé Philippe comme bouclier : j'ai un frère handicapé et il faut m'accepter avec lui. Quand on aime quelqu'un on l'accepte avec ses valises mais je n'ai pas toujours laissé assez de temps aux hommes que j'ai rencontrés. Je n'ai pas rencontré cette personne-là mais je la rencontrerai peut-être demain, la vie n'est pas finie. Mon père m'a dit un jour après une déception amoureuse : tu as la chance avec Philippe de pouvoir rencontrer quelqu'un de vraiment bien. La personne que je rencontrerai, qui m'aimera et qui acceptera Philippe, sera forcément quelqu'un de bien.

Avec les années, pensez-vous que le regard de la société sur le handicap a changé ?
Oui mais c'est très lent. Nous vivons dans une société très normalisée. Une célibataire de 40 ans qui n'a pas d'enfant, aussi on la regarde avec suspicion. A partir de 30 ans, les questions arrivent. C'est un regard encore très circonspect même si les choses évoluent. Il y a des lois pour les personnes handicapées, physiques et mentales. Sur le handicap mental, les gens ont plus de difficultés. On se retrouve face à quelqu'un qui a un peu de mal à communiquer, on n'est pas forcément très à l'aise. Mais je ne comprends pas qu'on ait peur, qu'on voit en eux systématiquement des psychopathes en puissance. Philippe par exemple est quelqu'un de très liant, il regarde droit dans les yeux. Paris est une ville qui a besoin d'indifférence. Pas se parler, pas se rapprocher. Dans une ville comme ça, Philippe dérange. On a vécu des choses, très dures. Deux ou trois fois il est revenu entre deux policiers parce que des gens ont pris peur. Donc oui, ça change, mais lentement.

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Rupert Isaacson : Tu veux faire du cheval avec moi ?
C'est au Texas. Le gars s'appelle Rupert et sa femme Kristin. Elle est psychologue, il écrit des guides de voyage. Ils se sont rencontrés au sud de l'Inde. En 2001, leur naît un garçon qu'ils baptisent Rowan. Trois ans plus tard, le couple doit se rendre à l'évidence : Rowan est autiste. Tandis que les parents commencent la tournée des spécialistes et agrandissent la pharmacie familiale, Rowan explore les bois autour de la maison. Il n'a pas peur des serpents, évite l'agarita aux feuilles piquantes, et trouve dans la nature ses seuls moments de calme. Jusqu'au jour où l'enfant se retrouve au milieu d'un groupe de chevaux qui pâturent. Une jument quarter house baie observe le petit d'homme d'un ½il soupçonneux et ... l'adopte. Ces deux-là ne se quitteront plus. Ça tombe bien, Rupert a été élevé dans une ferme où l'on dressait les chevaux. Les chevaux sont sa passion depuis l'enfance. Il a désormais un lien vital avec son fils.
En Afrique du Sud, Rupert a étudié la vie des bushmen du Kalahari. Il se passionne pour le chamanisme. De là naîtra un projet fou : partir en Mongolie avec Rowan et y rencontrer les hommes du cheval et du renne, les Tsaatans et leurs chamans. Au terme du voyage, Rowan entrera enfin en communication avec les hommes tandis que son rapport aux chevaux restera exceptionnel. C'est un western contemporain. C'est aussi un hymne à la vie, aux formes culturelles tellement différentes qu'elle peut prendre. Et à l'amour d'un père pour son fils dont le handicap sera aussi une épreuve initiatique qui le fera changer de vie.

Anne Icart, Les lits en diagonale, Robert Laffont 2009, 155 pages, 15 ¤
Rupert Isaacson, L'Enfant cheval, Albin Michel 2009, 397 pages, 20,90¤



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# Posté le jeudi 22 octobre 2009 15:46

Modifié le vendredi 23 octobre 2009 15:40

BLACK PANTHER DE REVE

BLACK PANTHER DE REVE
Cet été, la diffusion mondiale du Michael Jackson Memorial, a soudain rendu évidente une pensée que personne jusque là n'aurait osé exprimer : l'Amérique qui a élu Obama était enchantée depuis quarante ans par le rêve que dansait Michael Jackson.

Depuis Thriller, Michael Jackson était devenu un des plus grands artistes pop de l'Histoire. Le chanteur qui jouait dans la même catégorie qu'Elvis et les Beatles. Le danseur qui pouvait disputer la première place à Fred Astaire. Mais l'enfant roi de Tamla Motown, le petit chéri de Diana Ross, le jeune camarade de classe de Marvin Gaye, des Temptations, des Four Tops et de Stevie Wonder, aura surtout été un immense chanteur politique. Le disciple de Martin Luther King et de son rêve foudroyé. Le chantre de l'antiracisme, l'idéologie progressiste de l'après communisme. La voix de l'Amérique, une fois gagnée la longue bataille des droits civiques.

Dans un disque de 2007, intitulé Blues vs Rock 'n roll, quelques titres phares d'Elvis sont confrontés à leurs originaux blacks, oubliés pour la plupart. La critique désormais classique du rock est celle de l'éternelle édulcoration de l'originalité noire, populaire et révoltée, par le show biz blanc, conservateur et mercantile. Mais le sous-titre Elvis pays tribute to the blues laisse entendre au contraire que Le R'R n'a pas été la récupération blanche du Rythm'n blues, mais une étape décisive de la conquête de la musique blanche par les noirs. Celle-ci était inscrite dans la longue marche des droits civiques de la black America. En ce sens, MJ est le vainqueur ultime d'un combat centenaire. Après que la pop blanche se soit lentement laissée investir par le r'n'b, il a raflé la mise. Avec lui, la pop devient noire et la soul cesse d'être ethnique. Le jour où MTV programme pour la première fois Billy Jean, la dernière frontière entre cultures noire et blanche est ouverte. La soul a réussi son o.p.a. sur la musique américaine et Michael est à Elvis ce qu'Obama sera à Kennedy.

Au contraire des rappeurs qui relancent tous les clichés de la culture ghetto, il en a brisé la géographie. Beat it ne raconte pas autre chose : la rixe entre communautés, héritée de la tragédie shakespearienne via West Side Story, se transcende dans la danse de la panthère noire. MJ est l'homme de la synthèse. Ami d'Elysabeth Taylor, épousant la fille de Presley, chantant avec le Beatle Mc Cartney, transformant ses clips en condensés hollywoodiens, vivant dans un Neverland inspiré de Disney, MJ s'est placé au point de rencontre de toutes les icônes de la culture de masse de l'après guerre. Centre de l'union, il efface toute opposition radicale du noir et du blanc et, logique jusqu'à la folie, il inscrira cet effacement dans sa chair. Dansant à la surface du temps, il est tout à la fois la figure inversée du minstrel et la version Broadway de la black panther. Noir déguisé en blanc qui se déguise en noir. Clivage déclivé. L'Amérique, c'est moi.


28 octobre : sortie mondiale du film « Michael Jackson : This is it ».

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# Posté le mardi 13 octobre 2009 20:28

Modifié le mardi 13 octobre 2009 20:43

158 - Il faut encadrer les loyers

158 - Il faut encadrer les loyers


Il faut encadrer les loyers


Se loger est devenu le problème social n°1 à Bruxelles. : accès à la propriété et loyers beaucoup trop chers par rapport aux revenus des ménages, explosion de la demande de logements alors que l'offre de nouveaux logements n'augmente quasi pas, terribles retards dans la politique de logement social, explosion du nombre de loyers impayés, drame catastrophique des sans abris.

Notre dossier montre à quel point les socialistes d'Ixelles ont pris la mesure du problème et mobilisent tous les outils possibles pour améliorer une situation véritablement critique pour des milliers de familles.

Il reste que ces efforts ne produiront pas tous leurs effets de manière immédiate. Il reste qu'ils resteront insuffisants face à l'ampleur du problème. Il reste qu'il faudra aussi l'intervention des pouvoirs publics pour encadrer les loyers et empêcher que leur augmentation continuelle ne produise une détresse sociale inacceptable. Pour un ménage, dépenser plus de la moitié de ses revenus pour se loger, c'est obligatoirement devoir sacrifier, dans des proportions dramatiques, d'autres dépenses indispensables : alimentation, chauffage, santé, éducation des enfants ... Notre mécanisme d'indexation des loyers est donc insuffisant pour protéger les locataires dans la situation actuelle. Il est indispensable d'encadrer l'évolution des loyers par une législation régionale appropriée.

Encadrer, pour autant, ne peut signifier bloquer car bloquer purement et simplement les loyers n'est pas sans graves conséquences négatives.

La première est sociale. La majorité des propriétaires de logements sont de petits propriétaires. Ils louent une partie de leur maison ou un logement qui a appartenu à leurs parents, ou un bien dans lequel ils ont investi leurs économies. Les revenus des loyers de ces logements viennent souvent rembourser un emprunt hypothécaire ou compléter des pensions de retraite dont on sait à quel point elles sont souvent modestes. Il ne s'agit donc pas de venir en aide aux locataires en plongeant des milliers de petits propriétaires dans les difficultés.

La seconde est à la fois environnementale et sociale. Les propriétaires voyant leurs revenus limités reporteront à plus tard les investissements nécessaires à la réhabilitation et à la modernisation de leurs biens. Or, à Bruxelles, une grande part du parc de logements est dans un état lamentable. Conséquence sociale : les plus démunis vivent dans des conditions indignes, parfois insalubres. Conséquence environnementale : surconsommation d'énergie, surproduction de CO2 etc. Energie, chauffage, isolation, sécurité sont donc autant de chantiers qu'il ne faudrait pas retarder mais au contraire encourager.

Encadrer veut donc bien dire prendre en compte les nécessités et les difficultés des différents acteurs par des mesures équilibrées et inscrites dans une politique à long terme du développement de la ville tout en venant à court terme au secours de milliers de ménage en graves difficultés pour se loger.

La négociation en cours sur la réforme de l'Etat est cruciale pour développer à Bruxelles une telle politique. En effet, la législation sur les baux est une compétence fédérale. La régionalisation de cette compétence est la condition sine qua non pour que la Région de Bruxelles-Capitale puisse mettre en ½uvre une vraie politique sociale spécifique au marché de la location à Bruxelles. Ce point avait été acquis dans le « premier paquet » négocié au printemps 2008, accord mis au frigo puisque la négociation en cours est repartie d'une feuille blanche. Il ne faudrait pas l'oublier pour autant. Cet aspect du débat communautaire n'est pas un quelconque « brol » politicien éloigné de la réalité, c'est une des clés essentielles pour résoudre notre problème social n°1 : un logement pour tous.
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# Posté le vendredi 27 février 2009 18:22

Modifié le vendredi 27 février 2009 18:34