158 - Il faut encadrer les loyers

158 - Il faut encadrer les loyers


Il faut encadrer les loyers


Se loger est devenu le problème social n°1 à Bruxelles. : accès à la propriété et loyers beaucoup trop chers par rapport aux revenus des ménages, explosion de la demande de logements alors que l'offre de nouveaux logements n'augmente quasi pas, terribles retards dans la politique de logement social, explosion du nombre de loyers impayés, drame catastrophique des sans abris.

Notre dossier montre à quel point les socialistes d'Ixelles ont pris la mesure du problème et mobilisent tous les outils possibles pour améliorer une situation véritablement critique pour des milliers de familles.

Il reste que ces efforts ne produiront pas tous leurs effets de manière immédiate. Il reste qu'ils resteront insuffisants face à l'ampleur du problème. Il reste qu'il faudra aussi l'intervention des pouvoirs publics pour encadrer les loyers et empêcher que leur augmentation continuelle ne produise une détresse sociale inacceptable. Pour un ménage, dépenser plus de la moitié de ses revenus pour se loger, c'est obligatoirement devoir sacrifier, dans des proportions dramatiques, d'autres dépenses indispensables : alimentation, chauffage, santé, éducation des enfants ... Notre mécanisme d'indexation des loyers est donc insuffisant pour protéger les locataires dans la situation actuelle. Il est indispensable d'encadrer l'évolution des loyers par une législation régionale appropriée.

Encadrer, pour autant, ne peut signifier bloquer car bloquer purement et simplement les loyers n'est pas sans graves conséquences négatives.

La première est sociale. La majorité des propriétaires de logements sont de petits propriétaires. Ils louent une partie de leur maison ou un logement qui a appartenu à leurs parents, ou un bien dans lequel ils ont investi leurs économies. Les revenus des loyers de ces logements viennent souvent rembourser un emprunt hypothécaire ou compléter des pensions de retraite dont on sait à quel point elles sont souvent modestes. Il ne s'agit donc pas de venir en aide aux locataires en plongeant des milliers de petits propriétaires dans les difficultés.

La seconde est à la fois environnementale et sociale. Les propriétaires voyant leurs revenus limités reporteront à plus tard les investissements nécessaires à la réhabilitation et à la modernisation de leurs biens. Or, à Bruxelles, une grande part du parc de logements est dans un état lamentable. Conséquence sociale : les plus démunis vivent dans des conditions indignes, parfois insalubres. Conséquence environnementale : surconsommation d'énergie, surproduction de CO2 etc. Energie, chauffage, isolation, sécurité sont donc autant de chantiers qu'il ne faudrait pas retarder mais au contraire encourager.

Encadrer veut donc bien dire prendre en compte les nécessités et les difficultés des différents acteurs par des mesures équilibrées et inscrites dans une politique à long terme du développement de la ville tout en venant à court terme au secours de milliers de ménage en graves difficultés pour se loger.

La négociation en cours sur la réforme de l'Etat est cruciale pour développer à Bruxelles une telle politique. En effet, la législation sur les baux est une compétence fédérale. La régionalisation de cette compétence est la condition sine qua non pour que la Région de Bruxelles-Capitale puisse mettre en ½uvre une vraie politique sociale spécifique au marché de la location à Bruxelles. Ce point avait été acquis dans le « premier paquet » négocié au printemps 2008, accord mis au frigo puisque la négociation en cours est repartie d'une feuille blanche. Il ne faudrait pas l'oublier pour autant. Cet aspect du débat communautaire n'est pas un quelconque « brol » politicien éloigné de la réalité, c'est une des clés essentielles pour résoudre notre problème social n°1 : un logement pour tous.
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# Posté le vendredi 27 février 2009 18:22
Modifié le vendredi 27 février 2009 18:34

157 - L'angle mort de l'image

157 - L'angle mort de l'image
L'angle mort de l'image


La bataille de Gaza aura été, une fois de plus, mais de manière plus décisive que jamais, une bataille de l'image. Témoignages de Palestiniens ayant perdu leur maison. Enfants morts. Blessés en sang. Visages ravagés des survivants. Pleurs. Cris. Et ainsi, jour après jour, avec au c½ur la colère grandissante de l'honnête homme qui assiste impuissant au massacre inhumain de civils innocents. Mais tétanisés par l'horreur, indignés par la violence, nous sommes-nous demandés qui étaient les auteurs de ces images ? On nous l'aura dit pourtant, et plutôt deux fois qu'une, que les Israéliens ne laissaient pas entrer la presse dans Gaza. Et si les journalistes étaient dehors, qui donc était dedans, qui nous envoyait chaque jour ces terribles images, celles que nous avons vues et celles, plus terribles encore, que n'ont vues que les spectateurs des télévisions arabes, Al Jezira et Al Arabia ?

C'étaient les images diffusées par les deux agences mondiales les plus sérieuses, Reuter et APTN. C'étaient les images filmées par leurs correspondants à Gaza, également correspondants des télévisions arabes de la région. Des cameramen, palestiniens pour la plupart. Des journalistes, professionnels évidemment, mais aussi évidemment accrédités par les autorités de Gaza, c'est-à-dire par le Hamas. De vrais correspondants de guerre, courageux, qui ont filmé chaque jour au risque de leur vie et qui méritent le plus grand respect. Mais aussi des hommes engagés et qui ont choisi leurs images à la lumière de la cause, respectable elle aussi, qui les inspire. Des journalistes qui ont filmé les victimes des bombardements mais pas les combattants du Hamas. Qui ont montré les écoles en ruine mais pas les tunnels du Hamas. Qui n'ont pas filmé les militants du Hamas profitant de la guerre pour tuer ou jambiser les militants du Fath. Qui n'ont pas filmé les civils recevant des coups de téléphone de Tsahal pour - première dans l'histoire des guerres - les prévenir des tirs et les inviter à se mettre à l'abri. Qui ont montré les hôpitaux palestiniens débordés par l'afflux des victimes, mais pas les blessés quittant Gaza pour être soignés dans les hôpitaux israéliens. Bref, qui ont montré une part seulement de la réalité de cette guerre. Ce qu'ils ont filmé devait être montré. C'est indiscutable. Mais ce qu'ils n'ont pas filmé, ce qui est resté dans l'angle mort du JT, aurait dû l'être aussi car nous avons besoin d'approcher la complexité et ses paradoxes pour lutter contre nos parti-pris, nos illusions et l'innocence de nos bons sentiments. Il y a lieu de dire clairement aux responsables de nos journaux télévisés qu'ils nous ont abusés. Qu'ils auraient dû, comme ils l'ont fait pour d'autres conflits, mettre en garde les téléspectateurs contre le caractère unilatéral des reportages dont ils disposaient. Emportés par la compassion et l'indignation, ils sont entrés dans la stratégie d'image d'un des acteurs du conflit, et endossant sa vision de la guerre, ils ont joué avec le feu.
# Posté le jeudi 05 février 2009 03:02

156 - Adieu les profs, bonjour les coaches.

156 - Adieu les profs, bonjour les coaches.
L'échec scolaire est-il un marché ? Depuis toujours sans doute. Mais longtemps caché dans la périphérie du système éducatif lui-même, organisé au petit bonheur la chance, petite économie grise et passe muraille, qui rendait, sans faire ni bruit ni publicité, service à tout le monde. Mais l'artisanat a fait son temps, voici celui de l'industrie.

Etudiant, les parents ne pouvant subvenir à tout, je devais, comme tant d'autres, gagner un peu d'argent. Je fis, l'été, vendeur dans une librairie, et lorsque la bise fut venue, je donnai des cours particuliers. Mathématiques des ensembles à celle-ci, néerlandais à celle-là. Le service étudiants de l'ULB servait de société d'intérim. Beaucoup de professeurs aussi donnaient des cours particuliers, parfois à leurs propres élèves, ce qui n'est plus légal mais ne semblait pas gêner grand monde à l'époque car tout le monde était heureux : l'étudiant se faisait un peu d'argent de poche et embrassait parfois la lycéenne, le précepteur arrondissait ses fins de mois à l'insu du percepteur, l'élève réussissait son examen de passage, les parents avaient le sentiment de bien faire.

L'école de l'échec
Depuis, la sonnette Pisa a sonné : la situation dans nos écoles est catastrophique. 25% des élèves ont un an de retard à la fin du primaire. Moins de 4 élèves sur 10 sont « à l'heure » à la fin du secondaire. Un jeune sur trois sort de l'enseignement secondaire sans diplôme. Rien qu'à Bruxelles, 6.000 jeunes sont en décrochage total : bien qu'en âge de scolarité obligatoire, ils ne fréquentent aucune école. L'école de la réussite est une vue de l'esprit politique. Dans la vraie vie, l'école est une école de l'échec.

Avec un tel taux d'échec et de redoublement, la remédiation, le soutien scolaire, l'aide à la préparation des examens sont devenus les moyens sine qua non de la réussite. C'est peu dire. Mais ce n'est pas dire que les écoles peuvent suivre. Il n'est pas rare que le temps de midi soit mis à profit pour organiser des S.O.S. Les élèves prennent rendez-vous et peuvent poser des questions sur tel ou tel point incompris en français, en langues, en sciences. Mais on est loin d'une véritable remédiation qui supposerait une réforme en profondeur, des formations et une redistribution des moyens. Dans certaines écoles, la remédiation est même au mérite. L'élève vraiment largué n'y a pas accès. Autre formule : le tutorat. Pour 7 euros de l'heure, des élèves de rhéto soutiennent des enfants plus jeunes. Utile et formateur. Mais évidemment insuffisant. Autre formule encore: les écoles de devoir. Leur nombre a explosé mais les élèves sont par centaines inscrits sur des listes d'attente.

L'industrie du cours particulier
Inapte à faire réussir les élèves, l'école a passé la patate chaude aux familles, qui se sont révélées incapables de faire face. Dans une réunion de parents d'élèves, une mère au foyer raconte qu'elle travaille tous les jours avec sa fille jusqu'à dix heures du soir. A la fin du trimestre, le bulletin revient avec la mention : « travail personnel insuffisant ! » Les parents qui travaillent n'ont pas le temps. La plupart n'ont pas les compétences. Impuissants, ils ne peuvent que gueuler. Les gamins s'en prennent plein. Les parents sont à cran. Les familles sont au bord de la crise de nerf.

D'où le succès des cours particuliers. Dans une terminale du secondaire, il arrive que la moitié des élèves suive des cours particuliers. Pour une part, ces élèves font la java en classe parce qu'ils savent que le soir ou le week end, un professeur particulier leur expliquera en deux heures la matière de plusieurs semaines. Mais pour beaucoup d'autres familles, c'est la seule voie vers la réussite. De quelques heures de remise à flot au véritable précepteur qui prend en charge l'entièreté du programme, toutes les formules sont permises. A tout prix, c'est-à-dire au prix fort. 25 euros de l'heure minimum. Avec en bonus, l'apaisement dans les rangs. Plus de dispute familiale autour des règles d'accord des participes passés ou des équations du deuxième degré. Les repas sont plus calmes et les bulletins meilleurs. Les professeurs de l'école A prennent en charge les élèves de l'école B, ceux de l'école B les élèves de l'école A. On les trouve sur les sites de petites annonces. A moins de faire appel à des sociétés spécialisées comme Educadomo ou Mysherpa.be. « Entretien en agence, élaboration du programme, proposition de contrat, sélection du coach, suivi du programme ». Pas de doute, on est passé des profs aux pros. Le coach de votre gosse soutient sa confiance et sa motivation, lui apprend à gérer son stress et son journal de classe. Abonnement éventuellement payé par l'entreprise des parents, promotions et techniques de ventes. L'affaire est rentable. Les investisseurs accourent. La cuisine scolaire Sodexho diversifie son portefeuille : elle ajoute le ticket devoirs au ticket repas. Elle nourrissait les élèves, à présent elle les coache. On assiste ainsi à une forme inattendue de privatisation de l'enseignement. L'échec de l'école publique engendre les entreprises privées de la remédiation. Au public, la gestion quasi gratuite de l'obligation scolaire et la sélection. Au privé, fort cher, la pédagogie adaptée à chaque élève. Et la fracture sociale ? Ma foi, elle se porte bien, merci.
# Posté le samedi 24 janvier 2009 05:41
Modifié le samedi 31 janvier 2009 17:59

155 - L'orthographe, c'est comme les banques

155 - L’orthographe, c’est comme les banques
Arrivé à l'âge d'avoir un compte en banque, je l'ouvris, comme père et mère, à La Société Générale. Elle fonctionnait comme fonctionne un ministère mais on était résignés : ça avait toujours été comme ça. Vint le temps des fusions et des rationalisations. J'y trouvai de moins en moins mon compte, jusqu'au jour, où excédé, je partis pour une petite banque alternative. Dans un monde bancaire dominé par une demi douzaine d'oligopoles que rien ne semblait pouvoir influencer et qui trouvaient moderne de dépersonnaliser toujours d'avantage une relation que la plupart de leurs interlocuteurs considèrent au contraire comme très personnelle, je pensais que Fortis était irréformable et que l'irréformable resterait éternellement irréformé. J'avais tort : on apprit un matin que durant la nuit Fortis avait disparu.

C'est dans une carte blanche de la Libre Belgique, intitulée "Navirs", "bâteaus" et autres naufrages ». Un professeur de français, Jean-Jacques Didier, y constate ce que tout le monde constate : l'orthographe française est en train d'exploser. Si ce n'est de manière marginale, toutes ses réformes ont échoué. L'Académie, les écrivains, les éditeurs, les enseignants, et finalement nous-mêmes, tout le monde a résisté au changement. Jusqu'au jour où l'orthographe a explosé. Un SMS, c'est 165 caractères. A partir de 166, on paie deux fois. Voilà comment « You too » est devenu U2, « Ne t'inquiète pas » TKT, « à l'aise » ALZ, « putain » put1 et « Je t'aime » JTM. C'est moins chaotique qu'on ne croit. Il y a longtemps qu'on écrivait K7 pour cassette.

Désormais, oui, il y a une orthographe pour les livres, les journaux et les lettres officielles. Et une autre pour la vie privée. Plus libre, résolument individuelle. Parfois ludique, imaginative, créative. Souvent aberrante, absurde, confuse, ambiguë. Mais souvent aussi, plus rationnelle, faisant l'économie des incompréhensibles consonnes doubles, des « on » qu'on écrit « om », des « an » qu'on écrit « en » ou « ean », des « o » qu'on écrit « au » ou « eau », des « é » qu'on écrit « ai » ou « er » ou « ez », des pluriels en « s » ou en « x », des « f » qu'on écrit « ph », des accords de participe qui sont de la pure scolastique, on n'en finirait pas de faire le catalogue des complications infinies et inutiles d'un instrument pourtant indispensable à tout le monde. La règle devenant inapplicable, le peuple a cessé de l'appliquer et le professeur Didier ne peut que constater que 55% des mots sont mal orthographiés. On peut y chercher toutes les mauvaises raisons du monde : la télévision, la souris de l'ordinateur, les jeux vidéos, la société de l'image. Tout cela n'a pas plus d'influence aujourd'hui que le journal de Mickey, les cartaches et le jazz n'en avaient hier. Ce qui a changé, c'est que l'école a abandonné ses méthodes autoritaristes et ses pédagogies bourrage de crâne. Ce qui a changé, c'est qu'on ne peut pas dire aux élèves : réfléchissez par vous-mêmes, soyez critiques, tout en leur imposant d'apprendre par c½ur un tissu de graphies absurdes héritées d'étymologies souvent oiseuses et qui à force d'immobilisme ont fini par faire du français écrit une sorte de langue étrangère que personne ne parle. La dictée est ainsi devenue un exercice aussi dénué de sens que le thème latin. Celle de Pivot, concours pour singes savants orthographiques, médiatisée dans le monde entier, est, au contraire de ce qu'elle prétend être, l'image même d'une prétentieuse aristrocratisation de l'écriture au moment où la démocratisation de la culture et des moyens de communication exige l'inverse.

Nous pensions que le Mur ne tomberait pas. Il est tombé. Nous pensions que la Sabena volerait toujours. Elle est sortie de la piste. Nous pensions que les banques gouvernaient le monde. Elles ont crashé. Nous pensions que la langue était chasse gardée. Nos enfants écrivent désormais sans permis. Vive la vie !
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# Posté le samedi 24 janvier 2009 05:29
Modifié le samedi 31 janvier 2009 17:44

154 - Le massacre des innocents

154 - Le massacre des innocents

Alors que le temps télévisuel était aux bêtisiers et aux rétrospectives, la guerre retrouvait ses habitudes au Proche Orient. Les pèlerins n'avaient pas encore fêté Noël à Bethleem que le Hamas rompait la trêve et tirait 68 missiles sol sol sur Israël le 24 décembre puis 44 le 25. Le 26, Israël lançait une riposte spectaculaire. Le spectacle, la télévision, c'est son affaire. Images de destructions, pères portant leurs enfants enveloppés dans des drapeaux du Hamas, mères au visage ravagé : cette fois encore, l'info a mis en scène l'image victimaire du Palestinien innocent et crucifié par le puissant et criminel Israël, et l'effet de cette image est allé de la condamnation sans appel au conseil diplomatique de ne pas mettre en ½uvre des frappes disproportionnées. D'un bout à l'autre de l'échiquier politique mondial, en pleine période de Noël, l'image du roi Hérode, roi juif et corrompu, massacrant les enfants innocents, a tourné en boucle sur tous les écrans du monde. Finalement, après tant d'années, le seul succès de l'extrémisme palestinien aura été cette formidable machine télévisuelle à (re)produire de l'antisémitisme.

Mais rien ne choque plus sûrement que de le dire. Et la réplique est immédiate : ce n'est quand même pas parce qu'on critique la politique israélienne, qu'on est antisémite !

Il y a, en effet, quelque chose de parfaitement rationnel à distinguer l'antisémitisme, illégitime et non discutable, de la critique, légitime et discutable, de la politique d'Israël. Et pourtant cette logique n'est pas si logique qu'elle veut bien le dire et la faille est dans l'usage subreptice du singulier. Car il n'y a pas UNE politique israélienne. La carte politique israélienne est très diversifiée et ses gouvernements successifs ont DES politiques, différentes voire opposées. Mais le n½ud de la critique de LA politique israélienne c'est qu'elle condamne TOUTES les politiques israéliennes.

Dans cette "logique", Israël a toujours tort. S'il occupe Gaza, il a tort. S'il évacue Gaza, il a tort. S'il intervient en Cisjordanie, il a tort. S'il se protège plutôt par un "mur", il a tort. S'il tente de négocier comme Barak, il fait semblant. S'il refuse de négocier comme Sharon, c'est un fauteur de guerre. S'il négocie secrètement comme Olmert, il est immobiliste. On n'entend jamais dire qu'une politique est préférable à une autre pour telle ou telle raison. Toute politique israélienne, quelle qu'elle soit, qu'elle encourage les implantations ou qu'elle rapatrie les colons manu militari, est d'abord LA politique israélienne.

Ce qui est ainsi mis en cause, c'est la possibilité même d'une bonne politique israélienne. Israël ne peut avoir de politique que critiquable parce qu'en fait Israël ne devrait pas avoir de politique c'est-à-dire d'existence politique. La défense de cette existence étant évidemment ce qui est commun à toutes les politiques israéliennes, c'est dans le refus de toute politique israélienne que se niche le rejet de l'existence même d'Israël et son implicite antisémite.
# Posté le mardi 30 décembre 2008 06:25